L'asset manager d'un monde qui change
BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT - Finance 4 1440x300
  • Home
  • Regain de volatilité sur les marchés

Regain de volatilité sur les marchés

Commentaire de marché, Synthèse hebdomadaire, Vues et tendances globales

 

Tous les replis ne sont pas égaux… ni créateurs d’opportunités d’achat

Veuillez noter que le présent article peut contenir du langage technique. Pour cette raison, il n’est pas conseillé aux lecteurs qui ne disposent pas d’une expérience professionnelle de l’investissement.

SYNTHÈSE

  • L’incertitude politique freine les marchés, aux États-Unis…
  • … et au Brésil
  • Des préoccupations à l’égard de la zone euro
  • Japon : une embellie tangible mais pas suffisante pour déclencher une action de la banque centrale
  • Allocation d’actifs : achats sur repli d’actions brésiliennes
  • Allocation d’actifs : prise de bénéfices sur la position longue sur les emprunts d’État britanniques face aux Bunds

La volatilité reste donc sujette à des pics, mais il aura fallu une bonne dose d’agitation politique aux États-Unis pour l’accentuer dernièrement. Toutefois, la nervosité a été d’assez courte durée et essentiellement circonscrite aux marchés américains. La crise politique au Brésil a fortement impacté les actifs locaux, mais, dans la mesure où nous avons jugé qu’une chute de 15 % des actions brésiliennes en dollars US était excessive, nous avons initié des positions à court terme. Nous conservons une allocation d’actifs prudente. Le léger recul observé à ce jour ne modifie pas notre point de vue sur les actions (des pays développés). Elles continuent de faire partie des classes d’actifs pour lesquelles nous anticipons des performances modestes voire négatives. Dans ce contexte, nous n’achetons pas sur repli.

LES TURBULENCES POLITIQUES AFFECTENT LES MARCHÉS, AUX ÉTATS-UNIS…

L’ambiance à Washington est devenue fébrile la semaine dernière, certains analystes politiques commençant à avancer l’hypothèse d’une destitution du président Trump. La nervosité a gagné les marchés financiers. L’aveu apparent de Donald Trump que sa décision de limoger le directeur du FBI, James Comey, visait à stopper une enquête sur de possibles liens entre des responsables de sa campagne et la Russie a constitué l’élément déclencheur. Les marchés se sont toutefois stabilisés – et les actions ont rebondi – à la suite de la désignation par le Département de la Justice d’un procureur spécial indépendant pour enquêter sur ces contacts. Les investisseurs ont vu dans cette initiative l’ouverture d’une enquête transparente et non partisane susceptible de durer plusieurs mois et peut-être bien plus d’une année. Elle devrait contribuer à atténuer les spéculations sur une procédure de destitution immédiate du président.

Toutefois, dans l’intervalle, la réforme fiscale et les réductions d’impôts pourraient être reportées et diluées. La probabilité d’importantes baisses d’impôts non financées étaient néanmoins faible, justifiant notre scénario économique principal d’une croissance modeste. Les incertitudes devraient persister. Avec une base républicaine qui reste favorable au président, une mise à pied est loin d’être acquise. Et mis à part de la volatilité à court terme, nous ne savons pas à quoi ressembleraient les paris sur une destitution (« impeachment trade »).

Les positions qui s’étaient bien comportées après l’élection présidentielle ont désormais restitué leurs gains. Sur une base pondérée des échanges commerciaux, le dollar est revenu à ses niveaux préélectoraux. La courbe des taux, qui s’était pentifiée au départ, a repris son aplatissement. Les secteurs des matériaux et de l’industrie ont cédé une partie du terrain qu’ils avaient gagné, et le segment de la consommation cyclique s’est replié récemment. Par conséquent, « l’espoir Trump » s’est désormais pratiquement évanoui. Les actions se sont pourtant globalement bien comporter, non ? Tout à fait, mais cette performance a été clairement portée par un secteur des technologies de l’information robuste et, derrière, par les financières. À ce stade, nous ne spéculons pas sur une issue particulière et nous en tenons à notre analyse fondamentale. Celle-ci nous indique que les actions américaines sont onéreuses et que les anticipations de bénéfices sont élevées.

… ET AU BRÉSIL

Au Brésil, la tourmente politique est venue d’un article de presse sur un scandale de corruption présumé qui impliquerait le président Temer. Ce dernier a nié toute implication et a refusé de démissionner. Les analystes indiquent que le pays doit mettre en place des réformes budgétaires difficiles pour stabiliser le niveau de sa dette, et il était prévu que le projet de réforme des retraites soit soumis au vote de la Chambre basse avant la pause estivale. L’anticipation grandissante de son adoption a ancré un cycle positif au Brésil, marqué par des réformes, un réal stable et une banque centrale en mesure d’abaisser les taux et de stimuler la croissance. Les interrogations sur le mandat du président Temer affecteront probablement le processus de réformes, mais les craintes du marché nous semblent excessives compte tenu du cycle favorable. Avec une chute de 10 % de l’indice boursier Ibovespa et un recul de 9 % du real face au dollar américain, les actions locales ont cédé 20 % pour un investisseur américain ou européen. Y décelant une opportunité d’achat, nous avons agi en conséquence.

LA CROISSANCE SOLIDE DE LA ZONE EURO EST-ELLE DURABLE ?

La croissance de la zone euro a été solide à 0,5 % au premier trimestre, maintenant globalement le rythme observé depuis début 2015. Quoique non spectaculaire, cette cadence a été suffisante pour faire baisser le taux de chômage. De plus, la croissance paraît désormais plus pérenne, sachant qu’elle est davantage tirée par la demande intérieure. Cela étant, nous avons des préoccupations. Nous ne pensons pas que la croissance de la zone euro puisse atteindre les niveaux que laissent entrevoir ses indicateurs avancés. Si ces derniers sont corrects, elle devrait accélérer pour s’établir à 3 % ou 4 % sur un an, contre 1,7 % actuellement. Cette évolution nous paraît quasiment impossible. Les disparités au sein de la région sont en outre considérables. En Allemagne, l’économie dépasse désormais de 8,5 % son sommet d’avant la crise. La France, les Pays-Bas et la Belgique ont également affiché de bonnes performances. Les économies périphériques paraissent beaucoup plus faibles. L’Italie ne se situe que 2,3 % au-dessus du point bas de sa récession et 7,1 % en dessous de son pic pré-récession.

Par conséquent, qu’arrivera-t-il quand la Banque centrale européenne (BCE) commencera à retirer une partie de ses mesures de soutien exceptionnel ? Les membres de la BCE se répartissent entre les colombes, qui pointent la faiblesse de la hausse des salaires et des pressions inflationnistes ainsi que le trop grand optimisme des projections de la Banque, et les faucons, qui se focalisent sur l’amélioration de la croissance effective et les perspectives de croissance. Nous anticipons que la BCE révisera en juin sa perception de la balance des risques de négative à neutre et annoncera en septembre son intention d’amorcer la réduction progressive de son programme d’achats d’actifs (« tapering ») en janvier 2018. Nous pensons que le « tapering » s’étendra jusqu’en septembre 2018, et ce n’est qu’à partir de là que nous prévoyons une hausse des taux.

JAPON : UNE EMBELLIE TANGIBLE MAIS PAS SUFFISANTE POUR DÉCLENCHER UNE ACTION DE LA BANQUE CENTRALE

Le PIB du Japon a enregistré une solide progression de 2,2 % en rythme trimestriel annualisé au premier trimestre 2017, soit son cinquième trimestre consécutif de croissance marquant la plus longue période d’expansion depuis une décennie. La consommation a rebondi, mais, sans progression des salaires réels, cette tendance ne paraît pas solide. En fait, il existe une dichotomie entre la solidité des exportations nettes et la faiblesse de la demande intérieure. La croissance de l’investissement a nettement marqué le pas. L’absence de hausse des salaires et le retour en territoire négatif de l’inflation sous-jacente nous amènent à la conclusion que la Banque du Japon continuera à cibler un rendement de 0 % pour les obligations à dix ans. S’agissant des actions, nous estimons que les valorisations sont relativement faibles, tandis que les perspectives et la dynamique récente des bénéfices sont également favorables. La politique monétaire devrait rester un facteur de soutien, mais nous anticipons un maintien du yen autour de son niveau actuel au cours des douze prochains mois. Cela étant, les actions japonaises ont devancé la devise, d’où notre réticence à augmenter notre allocation.

ALLOCATION D’ACTIFS : ACHATS SUR REPLI AU BRÉSIL

Comme susmentionné, nous avons acheté des actions brésiliennes, mais le repli récent des actions a été dans l’ensemble modeste, et les marchés américains et émergents se sont ressaisis. Nous avons laissé inchangées nos autres stratégies.

De façon peut-être inattendue, la livre britannique a été faible en dépit de la solidité des derniers chiffres du marché de l’emploi et des ventes au détail et de la hausse de l’inflation. Les marchés semblent arriver à l’idée que l’économie faiblit. Ainsi, la perspective d’une Banque d’Angleterre plus accommodante, notamment face aux incertitudes sur les négociations du « Brexit », a conduit à une courbe des taux plus plate. La probabilité d’un relèvement du taux d’intérêt officiel d’ici à la fin de l’année, telle qu’intégrée par les swaps OIS, est désormais d’un peu moins de 20 %. La faiblesse de la livre a soutenu les actions et n’est pas favorable à notre sous-pondération relative des actions du Royaume-Uni face à celles de la zone euro. Cependant, nous restons d’avis que les anticipations de bénéfices au Royaume-Uni sont beaucoup trop élevées et, sur cette base, nous n’avons pas modifié cette position.

Nous avons pris nos bénéfices sur notre position longue sur les emprunts d’État britanniques (Gilts) face aux Bunds allemands. Nous avions mis en place cette position car, d’une part, nous pensions que la croissance de la zone euro était susceptible de conduire à une augmentation de l’inflation, qui tirerait les rendements des emprunts allemands à dix ans à la hausse (et leurs prix à la baisse), et, d’autre part, nous étions préoccupés par les conséquences de la sortie de l’UE pour l’économie britannique. Notre point de vue a changé. Nous avons désormais des inquiétudes à l’égard des perspectives de croissance de la zone euro, alors que l’inflation est restée modérée. Comme indiqué, les marchés sont revenus sur les mauvaises surprises récentes sur les statistiques britanniques. Nous estimons également que les Bunds sont un peu plus surévalués que les Gilts. Dans ce contexte, la prime de rendement des emprunts britanniques par rapport à leurs homologues allemands nous est devenue favorable. Compte tenu des risques accrus de retournement de tendance, nous avons soldé cette position.

Achevé de rédiger le 22 mai 2017

20170524_graph-fre_WSU

Sur le même sujet :

BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT - Selection 1 1440x300
26 janvier 2018 4 min
Investment Insight, Synthèse hebdomadaire, Vues et tendances globales
BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT - Strategie Epargne 1400x300
13 décembre 2017 5 min
Commentaire de marché, Synthèse hebdomadaire, Vues et tendances globales
BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT - AC diversification 1440x300
30 novembre 2017 4 min
Commentaire de marché, Synthèse hebdomadaire, Vues et tendances globales