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Regain d’appétit pour le risque malgré la tonalité plus synchrone des discours des banques centrales

Commentaire de marché, Synthèse hebdomadaire, Vues et tendances globales

Veronique COCOLE
 

Fermeture de la position courte sur les actions britanniques face à celles de la zone euro

Veuillez noter que le présent article peut contenir du langage technique. Pour cette raison, il n’est pas conseillé aux lecteurs qui ne disposent pas d’une expérience professionnelle de l’investissement.

SYNTHÈSE

  • Banques centrales : des hausses de taux en préparation ?
  • Risque politique : la vigilance reste de mise
  • Allocation d’actifs : perspectives d’un raffermissement du dollar américain à moyen-long terme

En dépit de la recrudescence des tensions (géo)politiques avec la Corée du Nord, l’appétit pour le risque a fait son retour sur les marchés financiers la semaine dernière. Soulagés par l’ampleur moins importante que prévu des dégâts de l’ouragan Irma, les investisseurs américains ont propulsé l’indice S&P 500 à un niveau record. Les actions mondiales se sont bien comportées. Les obligations ont subi un courant vendeur, tandis que les autres actifs refuge et les « bond proxies » (services aux collectivités, immobilier) ont sous-performé. Sur les marchés des changes, le dollar américain a semblé sortir de sa phase de faiblesse prolongée. La livre britannique s’est également reprise, effaçant ses pertes du mois dernier dans le sillage d’une réunion à la tonalité plus restrictive de la Banque d’Angleterre, qui a également provoqué une forte remontée des rendements des emprunts d’État britanniques (Gilts) et un recul de l’indice boursier FTSE 100. Du côté des matières premières, le rebond du cours du pétrole brut a reflété l’optimisme du marché et la réouverture de plusieurs raffineries américaines après leur arrêt dû à l’ouragan. Les espoirs suscités par la reconduction des baisses de production dont discuterait l’Opep ont aussi soutenu le sentiment.

BANQUES CENTRALES : DES HAUSSES DE TAUX EN PRÉPARATION ?

La Banque d’Angleterre a surpris les intervenants du marché par sa tonalité restrictive. Cette situation est à mettre sur le compte de l’inflation (IPC), qui a atteint son plus haut niveau depuis décembre 2011 et a occasionné une hausse des taux des Gilts. Néanmoins, les investisseurs obligataires n’étaient pas préparés à ce durcissement de ton de la banque centrale, ce qui a conduit les rendements à se tendre davantage. Une majorité des membres du comité de politique monétaire (CPM) a estimé que « le retrait de certaines mesures de soutien serait probablement approprié dans les prochains mois » afin de ramener durablement l’inflation à son niveau cible. Le message de la Banque d’Angleterre a été renforcé par les propos de Gertjan Vlieghe, membre (externe) réputé accommodant du CPM, ce dernier indiquant que « l’évolution des données économiques donne de plus en plus à penser que nous approchons du moment où le taux directeur de la banque pourrait devoir être relevé ».

L’envoi de ces signaux forts a secoué le marché des obligations britanniques, le rendement des Gilts à dix ans enregistrant une hausse aussi importante que celle qu’il avait connue après l’annonce de l’organisation d’élections anticipées en juin. Nous ne sommes pas convaincus par la pertinence d’un resserrement monétaire dans les mois à venir. En effet, nous considérons que le taux d’inflation actuel est dû aux répercussions des variations de change causées par la dépréciation de la livre. Il s’agit d’un impact relativement passager qui ne devrait pas persister comme le ferait une inflation domestique.

Outre-Atlantique, le comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale (Fed) doit se réunir mercredi 20 septembre. L’annonce d’une normalisation du bilan semble bien anticipée, mais pourrait encore déstabiliser les marchés obligataires. Nous gardons à l’esprit les tensions sur les rendements qui avaient suivi le discours du président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, en juin, même si la perspective d’un allègement du bilan tôt ou tard semblait déjà intégrée en grande partie. L’inflation a surpris à la hausse, mettant fin à une série de cinq publications décevantes, mais elle ne devrait pas conduire la Fed à modifier sa posture prudente selon nous. L’inflation sous-jacente a été principalement tirée par une forte hausse des coûts des logements. Cela étant, les responsables de la Fed se concentrent généralement sur l’indice des prix basé sur les dépenses de consommation des ménages (PCE), dans lequel les prix des logements ont beaucoup moins d’importance. Nous ne pensons pas que le FOMC surprendra le marché. Son ton devrait rester prudent et relativement accommodant selon nous.

RISQUE POLITIQUE : LA VIGILANCE RESTE DE MISE

Les élections prévues ce dimanche en Allemagne sont peu susceptibles d’augmenter le risque politique, mais l’existence d’un grand nombre d’autres sources de préoccupation assure que le risque politique restera un déterminant clé du sentiment de marché à l’échelle mondiale. Les Nations unies ont adopté de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, mais la Chine et la Russie ont veillé à ce qu’elles soient relativement mineures. Les restrictions commerciales décidées ont été suivies de nouvelles provocations. Après les tensions de cet été induites par les tentatives d’intimidation, la réaction des acteurs du marché a été modérée. Cependant, il convient de surveiller de près cette querelle politique, car une nouvelle escalade pourrait impacter les relations sino-américaines.

Aux États-Unis, les projets de réforme fiscale semblent avancer. La résolution du problème du plafond de la dette ayant été reportée à une date plus lointaine dans l’année, l’Administration Trump se concentre désormais sur la baisse du taux d’impôt des sociétés à 15 %. Le taux d’imposition définitif reste incertain, car les républicains ont exprimé des inquiétudes quant aux incidences sur le déficit. Les premières propositions sont attendues fin septembre. Des mesures de soutien budgétaire pourraient relancer le « Trump trade », ce qui profiterait aux sociétés à petites capitalisations et aux banques en particulier.

ALLOCATION D’ACTIFS : FERMETURE DE LA SOUS-PONDÉRATION DES ACTIONS BRITANNIQUES FACE À CELLES DE LA ZONE EURO

Nous avons fermé notre position courte sur les actions britanniques face à une position longue sur les actions de la zone euro. Cette position a pâti de l’amélioration de la performance de l’économie du Royaume-Uni sur fond d’affaiblissement de la livre, tandis que la zone euro a été confrontée à l’appréciation de l’euro. Cette tendance ne semble pas en passe de s’inverser à court terme. En outre, nos nouvelles anticipations bénéficiaires pour les sociétés britanniques sont moins pessimistes. Notre conviction sur la position que nous avions prise a donc diminué et nous avons décidé de la solder en engrangeant une perte.

Sur le plan des devises, notre position longue sur le dollar américain a bien fonctionné la semaine dernière, l’indice du dollar se redressant. À moyen-long terme, nous anticipons un raffermissement du billet vert, en particulier dès que l’Administration Trump commencera à mettre en place ses réformes et que la Fed mettra son projet de normalisation monétaire à exécution.

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